Lundi l 03-07-2017
WIELS: transformation d'un quartier populaire par la culture

Dans le nouveau numéro Brussels Studies, Simon Debersaques, géographe à l'IGEAT (Faculté des Sciences), se livre à une analyse approfondie de la relation entre un lieu culturel et son quartier, en prenant le WIELS comme exemple. Premier centre d'art contemporain bruxellois, le WIELS a ouvert ses portes en 2007 dans un quartier de la commune de Forest, caractérisé par un tissu urbain anciennement industriel et une précarité socio-économique.

L'analyse de Simon Debersaques montre que le WIELS est un lieu culturel hybride dont la relation au territoire a évolué. D'équipement-vitrine lors de sa conception, il s'oriente vers l'équipement communautaire durant ses premières années d'existence. Aujourd'hui, le WIELS s'affirmerait comme un équipement créatif. Ces logiques sociospatiales se superposent toutefois: en tant qu'équipement communautaire, il offre aux habitants du quartier de nouvelles activités socioartistiques, tandis que sa dimension de vitrine entraîne une revalorisation de l'image de cette portion de la ville. Un coup de projecteur qui attire dans la commune de nouveaux résidents plus aisés et de nouvelles activités parfois faiblement pourvoyeuses d'emplois pour les habitants actuels.

Comme beaucoup d'autres villes, Bruxelles mise sur la culture pour fonder son attractivité et le redéveloppement de ses anciens quartiers industriels. Le projet de conversion de l'ancien garage Citroën place de l'Yser en pôle culturel d'envergure internationale en est l'exemple le plus récent. L'étude sur le WIELS permet de prendre un peu de recul pour comprendre les logiques et les effets sociospatiaux du développement urbain par la culture.